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Poésie, de la crise à l’échappée #9

Édito :
 
En proposant cette parution une fois par semaine sur la période du confinement, nous avions l’idée que la présence des poètes était fondamentale pour notre public, tout comme la présence du public pour les poètes. Nous avons eu beaucoup de plaisir à lire les poètes qui nous sont proches, qui ainsi se sont rapprochés de nous. Et nous vous avons proposé la semaine passée des traces qui nous sont revenues des classes, par l’intermédiaire des poètes ou des enseignants, les uns et les autres enthousiastes.  
 
Nous avons eu des retours si porteurs que nous avons choisi de vous en livrer à nouveau cette semaine, pour la dernière lettre qui paraît. Vous y trouverez comment les poètes ont répondu à des enseignants désolés de voir leur projet de rencontre s’envoler, et comment les enseignants ont pu solliciter les élèves et les familles confinés. Je remercie tous ces poètes et ces enseignants qui démontrent comment la poésie donne la force de l’invention, comment la poésie a permis de rebondir devant une situation inédite et redoutable qui semblait prête à nous éteindre. Je remercie bien d’autres poètes et enseignants ou bibliothécaires qui ont également réagi et résisté à cette période confinée.
 
Nous savons que la poésie a trouvé une place majeure sur les réseaux sociaux. C’est une démonstration de la vitalité et de la nécessité de la poésie. Nous sommes fiers d’avoir participé à cette démonstration. Et nous restons engagés, en route vers un avenir qu’il nous faut inventer. Un avenir qui n’est pas uniquement peuplé d’oiseaux charmants et autres animaux séduisants qui ont visité les espaces urbains révélés.
 
Allez, nous serons aussi heureux de boire un verre en terrasse le soir où on pourra, d’aller au cinéma le soir où on pourra, de s’installer dans un fauteuil pour entendre des comédiens le soir où on pourra, d’inviter ses amis venus de loin le jour où on pourra, de discuter des derniers livres que nous avons lus ou que nous rêvons de lire maintenant que les librairies ont rouvert. On vous tient au courant prochainement des lectures que nous avons pu faire ces dernières semaines. À bientôt donc, maintenant que nous avons la sensation d’une crise qui s’atténue, pour des lettres d’information d’un format plus habituel.

Françoise Lalot, directrice


Voici un petit florilège de l'écriture des élèves de 6e2 de Florine Vieilly-Eymard et Igor Chirat du Collège La Ribeyre de Cournon-d'Auvergne dans le cadre d'un Journal de confinement lancé début mai.

 
Le projet ne devait couvrir que 6 jours d'écriture, mais il continue finalement, porté par l'enthousiasme des élèves, et il accompagne un déconfinement très très progressif.
Les propositions d'écriture sont fabriquées par les enseignants et le poète Frédéric Forte a bien voulu en envoyer une aussi, pour réaliser un peu de ce qui aurait dû se passer le 20 mars lors de la rencontre initialement prévue.

Proposition d'écriture de Frédéric Forté du 11 mai 2020 :

Je vous propose d’écrire un petit « autoportrait en confiné ». Il s’agit d’une forme de poème à « démarreurs », c'est-à-dire dans lequel l'amorce de chaque phrase est donnée. Il faut utiliser les débuts de phrase précisément dans l’ordre qui suit.

Je vois…
Je sais…
Je remarque…
Je me demande…
J’aperçois…
J’imagine…
Je suis sûr(e)…
Je refuse de croire…
J’espère…
Je vois…

Bien sûr, l’autoportrait ici est tout autant « psychologique » que « physique », comme si l'on faisait une radiographie de vos pensées. L'occasion d'une pause avec vous-même...
Belle écriture et à demain.


Ma contribution :

Je vois que le monde autour de moi se rétrécit
Je sais que ça se passe plutôt dans la tête mais
Je remarque que la tête fait partie du corps et
Je me demande combien de temps celui-ci tiendra dans si peu d'espace
J’aperçois en bas de chez moi la file d’attente devant La Poste
J’imagine que personne n'est là pour le plaisir, pourtant
Je suis sûr que dans toutes ces têtes il se passe des choses et
Je refuse de croire que le monde n’a pas besoin d'elles
J’espère en l’instant présent
Je vois que le monde autour de moi s’élargit


Nathan :
Je vois beaucoup plus de personnes dehors dans mon quartier.
Je sais que le Covid 19 tuera encore des gens.
Je remarque qu'aujourd'hui on se lave plus souvent les mains.
Je me demande si je vais attraper le coronavirus.
J'aperçois par la fenêtre ma mère qui rentre du travail.
J'imagine être sur une plage.
Je suis sûr que je vais lire mon livre l'Ile au trésor ce soir.
Je refuse de croire qu'on sera à nouveau en confinement.
J'espère qu'au mois de septembre on ne portera pas de masque au collège.
Je vois qu'il pleut dehors.

Chloé :

Je vois… que je suis habillée en salopette.
Je sais…que je retournerais bientôt au collège.
Je remarque…les joues rebondies de mon petit frère et son sourire coquin derrière sa tétine.
Je me demande… si les gens font beaucoup de masques artisanaux.
J’aperçois… la lumière qui baisse.
J’imagine… que les personnes doivent se poser de diverses et multiples questions.
Je suis sûre…que j'aurais des animaux plus tard.
Je refuse de croire… que la rentrée de septembre se passera sûrement pas comme les autres.
J’espère…que le monde va réfléchir.
Je vois…le ciel tout gris.


Nelson :

Je vois les oiseaux.
Je sais que je ne peux pas sortir.
Je remarque qu'il y a du monde dehors.
Je me demande quand se sera fini.
J'aperçois les voisins.
J'imagine comment va être notre vie maintenant.
Je suis sûr que le COVID - 19 va rester longtemps.
Je refuse de croire le pire.
J'espère qu'il n'y aura pas de deuxième vague épidémique.
Je vois une vie dure.

Découvrir encore plus de textes et le journal de (dé)confinement des élèves et de leurs enseignants en cliquant ici !

Jacques Demarcq et les élèves de la maternelle Lucie Aubrac de Pont-du-Château

Jacques Demarcq était attendu le lundi 16 mars dans la classe de Grande Section d’Émilie Mournetas. La maitresse avait lu des poèmes sur l’Islande à ses élèves, ils voulaient en savoir plus sur ce pays et les oiseaux dont parle le poète.
 
Une correspondance avait commencé autour de cette demande, puis les enfants et la maîtresse ont fait un grand voyage avec les oiseaux et les mots. Le poète, l’enseignante et les élèves attendaient la rencontre avec enthousiasme.
 
Comme tous les autres poètes il n’a pas pu venir, et les enfants non plus n’ont pas pu se rendre à leur école. L’enseignante a choisi d’écrire au poète tout ce qui l’attendait, les cadeaux qui devaient lui être présentés : la mise en musique d’un de ses poèmes Le merle, à la manière de l’auteur que les enfants avaient écouté grâce à un enregistrement (Les Zozios, édition Nous, 2008 - livre avec CD). Et le poète devait recevoir une chemise pleine des mots que les enfants avaient glanés dans les textes de leur poète, recopiés et glissés dans une des nombreuses poches cousues sur ce vêtement.
 
Jacques Demarcq a choisi de répondre particulièrement à une question des élèves. Vous pourrez lire cette lettre.


 

le poème pélicans

tourniquant manège
de zoizeaux de poids
aux ailes noires et neige
déployées en croix
l’un vire obliquant
selon la rivière
vingt le répliquant
dans le ciel d’hiver
c’est comme à la fête
les chevaux de bois
se suivent et répètent
des dizaines de fois
mais là sans effort
planer dans les airs
avec son seul corps
c’est vraiment super

Jacques Demarcq

Jacques Demarcq, as-tu des oiseaux chez toi ?

Extrait de la réponse de Jacques Demarcq aux élèves de maternelle :

As-tu des oiseaux chez toi ?
me demandent des enfants de Pont-du-Château, entre Allier et volcans, près de Clermont-Ferrand.
— Pas en cage en tout cas. Les oiseaux qu’on emprisonne, sans être des voleurs, sont faits pour voler. Certes, la cage est un abri qui les protège de leurs ennemis : les chats par exemple. Mais il est préférable d’ouvrir chaque matin leur cage et la fenêtre de votre maison. Si vous avez recueilli un oiseau tombé du nid, si vous prenez soin de lui sans faire de bruit, et si le soir vous recouvrez sa cage d’un tissu, il reviendra dormir chez vous. Avoir un ami dans une cage ouverte réclame beaucoup d’attention et n’est possible en général qu’à la campagne.
Un moyen plus facile d’avoir des oiseaux chez soi est de poser un nichoir sur un mur, sur une terrasse ou dans un jardin. Il en existe pour les mésanges, les rouges-gorges, les fauvettes, les hirondelles et même pour les chouettes hulottes. Avec un peu de chance, vous verrez un couple s’installer dans votre nichoir d’où sortiront plus tard des petits.
Le problème est que j’habite dans une très grande ville, Paris. Il y a des arbres dans mon quartier et même quelques jardins, mais les petits passereaux sont rares, les moineaux ont presque disparu. Au printemps ou l’été, j’aperçois des martinets, mais ils ne restent pas longtemps. Il faut que j’aille me promener dans les forêts autour de Paris, ou au bord des rivières, pour entendre et voir une grande variété d’oiseaux.
En plus, j’habite au septième étage. Les mésanges ni les rouges-gorges ne nichent aussi haut. Les merles, que je vois sur les pelouses ou les talus, préfèrent les arbres pour construire leur nid. Mais j’ai quand même des oiseaux chez moi. Des pigeons, bien sûr, fréquentent mon balcon. L’hiver, lorsqu’il y a des tempêtes, arrivent des mouettes, que les corneilles pourchassent. Je connais assez bien trois corneilles, que vous appelleriez sans doute « corbeaux ». Elles ont un beau plumage noir aux reflets bleutés.
 (...)

La réponse intégrale de Jacques Demarcq

Pendant le confinement Émilie Mournetas, la maîtresse, a transmis la lettre aux familles, avec bien d’autres documents.
Les parents d’Auguste ont lu la longue lettre à leurs fils. Auguste et sa famille ont parlé de leurs oiseaux, ceux proches de leur maison. Et ils ont fait des photos pour que le poète ait d’autres oiseaux qui le visitent. La lettre d’Auguste et ses photos vous sont offertes à la lecture.

Et le poète a répondu à Auguste, l’amateur d’oiseaux. Encore un courrier qu’il vous est permis de lire :

à Émilie Mournetas
Merci beaucoup pour cette lettre d'un de vos élèves qui m'a fait très plaisir. Dites à Auguste que son masque de corneille est très amusant, que l'exploration de son jardin avec ses photos est très réussie. Juste une petite précision : le nichoir à hirondelles sans doute posé par ses parents est occupé par une autre espèce d'oiseaux, peut-être des moineaux. Mais c'est la preuve que ses photos sont précises. J'aime beaucoup les hérons cendrés ; il m'arrive d'en voir au bois de Vincennes, sur les bords de la Marne, la Seine ou l'Oise lorsqu'on s'éloigne assez de Paris. Je vais bien, je souhaite qu'il en soit de même pour vous.

Merci à Émilie Mournetas pour son travail d’approche de la poésie en classe, puis pour sa médiation entre élèves / familles / poète pendant le temps du confinement. Merci à Jacques Demarcq pour sa présence auprès de la classe malgré l’empêchement de la rencontre. Merci à Auguste et sa famille, chat compris. Et une pensée pour tous les oiseaux qui nous entourent et nous font voyager.

 

En bonus, voici deux vidéos poèmes de Jacques Demarcq
 

 


Des questions, des réponses... un petit jeu entre poètes et élèves pour mieux faire connaissance, découvrir le "métier de poète", "ses sources d'inspiration", "ses recettes de cuisine poétiques"...

Retrouvez ici quelques questions/réponses entre :

le poète Bruno Berchoud et les élèves de BTS du Lycée Général et Lycée des Métiers de l'Hôtellerie, de la Restauration et du Tourisme de Chamalières (enseignante : Madame Bernard), en cliquant ici.

le poète Stéphane Juranics et les élèves de la classe de CP de l'école Jules Ferry de La Roche-Blanche (enseignante : Madame Pouchin), en cliquant ici.

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