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Romain Fustier, Bois de peu de poids

En 2016, la 1ère partie de Bois de peu de poids de Romain Fustier paraissait aux éditions Lanskine.
En 2017, c'est Bois de peu de poids (hiver-printemps) qui conclu et  poursuit le cheminement entrepris avec Bois de peu de poids (été-automne).
Il s’agit de donner à lire le déroulement de la vie quotidienne, ou plutôt, le ressenti et les émotions liés à l’écoulement des jours. Comme dans un journal de bord, l’écriture semble s’imposer une contrainte.

Les vers se succèdent en six strophes de 3-2-1-3-2-1, ordonnées-désordonnées, mimant une symétrie dont elles prennent plaisir à détruire la perspective, tout en la suggérant. Les slashs, eux, donnent aux poèmes un caractère continu-discontinu, le poème progressant par bonds et rebonds, arrêts brusques et reprises, accélérant la grammaire et l’instant. 

Si chaque texte paraît embrasser les lieux et le temps, leur succession relier autrefois à aujourd’hui, si l’amour et les vacances dévoilent une certaine légèreté, la mélancolie, l’inquiétude, l’angoisse ne sont jamais très loin. Après l’été, où le temps donnait l’impression de s’être arrêté, l’automne est venu avec ses jours sombres que l’hiver recouvrira de neige, dans ce deuxième tome, avant que le printemps ne ramène fleurs et fruits. C’est bien du thème lyrique de la fuite du temps dont il est ici question.

EXTRAIT de Bois de peu de poids (hiver-printemps)

tous ces gens parmi les galeries marchandes /

dans la file des voitures au feu /

stoppés dans la course vers l’hypermarché /

ils prendront bien le temps de mourir

 

finissait toujours par dire ta grand-mère

qui avait frôlé la faucheuse très tôt /

 

tuberculose / un poumon mort / & puis faire

 

avec les deux tiers d’un autre

à perpète / tu repenses à cette réplique

pris dans les embouteillages / à la sortie

des bureaux où tout le monde

 

se précipite sous des hangars à consommer /

payer ce qu’on gagne à peine /

 

déjà presque trépassés sans le savoir / enfants

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