La Pause strophe #5
La Pause strophe #5,
avec Fabienne Swiatly en écho à l'exposition
MAJESTIC de Stéphanie Lacombe
Mercredi 16 septembre à 18h00,
À l'Hôtel Fontfreyde - Centre photographique
Clermont-Ferrand
Entrée libre
MAJESTIC,
résidence photographique de la Ville de Clermont-Ferrand 2022

Se loger, se déplacer, consommer, se divertir, se nourrir…. Tels sont les thèmes, aussi basiques qu’essentiels, explorés par Stéphanie Lacombe, photographe invitée en résidence par la Ville de Clermont-Ferrand en 2022.
Elle a d’abord focalisé son attention sur un quartier périphérique, avant de poursuivre sa recherche au fil du trajet du tramway. De cet espace tout en reflets, transparences et opacités, baigné dans une lumière artificielle, presque aquatique, surgissent des visages, majoritairement féminins, saisis dans leurs habitudes quotidiennes.
D’autres séries de l’artiste sont à découvrir : Hyper Life, La Table de l’ordinaire (Prix Niépce 2009), Immobile Home, Somme Toute et Seules les racines restent.
Le travail de Stéphanie LACOMBE réenchante les moments anodins notamment grâce à la relation qu’entretiennent ses images et ses textes.
Par une langue aiguisée, Fabienne Swiatly esquisse, sans pathos ni voyeurisme, la réalité de celles et ceux dont le quotidien est une lutte sans cesse renouvelée : fins de mois difficiles, frigo presque vide, attente devant la banque alimentaire. Par des portraits-poèmes, elle dit les corps usés par le travail, par le froid, les habitats insalubres, la violence de la rue.
À travers une succession de fragments en prose, elle donne à entendre la parole de celles et ceux que l’on regroupe sous le terme des « invisibles » et des "laborieuses" dans les recueils Elles sont au service et On n'est pas des bourgeois, parus aux éditions Bruno Doucey.
Fabienne Swiatly, poète
Née en 1960, en Moselle, d’un père polonais et d’une mère allemande, Fabienne Swiatly se dit fille des aciéries et de la langue allemande, des bleus de travail et de la soudure, des ouvriers exploités et des manifs. Poète, novelliste et romancière, elle est l’autrice d’une œuvre qui scrute le quotidien, interroge les frontières de langues et de classes, donne la parole aux êtres qui en sont privés. Dans l’atelier où elle forge ses livres, les mots se baladent souvent en bleu de travail.
Son site : https://latracebleue.net/
Stéphanie Lacombe, photographe
Stéphanie Lacombe est diplômée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.
Depuis une quinzaine d’années, elle rencontre le quotidien des femmes et des hommes des Hauts-de-France. Ses séries photographiques appellent des souvenirs d’enfance et de cinéma. Aires d’autoroute, campings, parkings d’hypermarchés, quartiers populaires sont autant des décors de l’intime, de comédies sociales ou de fureurs adolescentes qui restent rivées à une réalité économique âpre.
Animée d’un engagement lucide, elle s’attache aux propriétaires précaires de mobile homes, aux clients d’hypermarchés, aux intérimaires, pour mettre en lumière des vies invisibles. Ses images mettent à mal les clichés sur la pauvreté et montrent ceux qui travaillent dur, bricolent, s’entraident et inventent mille stratégies.
Son goût des autres la conduit à prendre le temps de la rencontre : elle implique ses modèles, ajuste poses, lumières, gestes, pour leur offrir une représentation à la hauteur de leur confiance, transformant la construction d’une image en geste politique et poétique partagé.
À partir de témoignages et confidences, elle cisèle des textes courts qui accompagnent les images comme des intertitres de film muet, épaississant leur surface.
Son site : https://stephanielacombe.com/work

