Chantal DUPUY-DUNIER
Poétesse et romancière, née en 1949 en Arles. Habite à Chamalières (Auvergne, France). Membre de la Société des Gens de Lettres et du Pen Club français.
A vécu onze ans dans un minuscule village de Haute-Loire : Cronce, qui a marqué de son empreinte son écriture. Un triptyque poétique lui est consacré et le village apparaît dans d’autres livres.
A exercé la profession de psychologue dans un hôpital psychiatrique et animé avec le poète Jean-Pierre Farines un atelier municipal d'écriture et de lecture à Clermont-Ferrand. Crée des spectacles poésie-musique.
A été invitée dans de nombreuses manifestations littéraires dont Les Langagières à Reims, la Semaine de la poésie de Clermont-Ferrand, aux Voix de la Méditerranée à Lodève puis à Sète, aux Idées mènent le monde à Pau en 2019, à la Maison de la poésie d’Annecy en 2023. Fin 2010 : Fête internationale du livre de Saint-Louis du Sénégal, mars 2011 : Premier Printemps des poètes à Mayotte, octobre 2012 : Salon du livre francophone de Beyrouth, août 2015 : Festival international de poésie de Novi Sad.
"La poésie est un travail d’artisan et d’orfèvre du langage, une recherche du sens à donner à notre vie minuscule, une source à laquelle se désaltérer" écrit-elle sur son site à retrouver ici : http://chantal.dupuy-dunier.fr/
Lecture, mars 2025
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Des villes,
recouvertes par un ciel
emprisonnant fumées et rêves
sous sa chape de béton,
ou serties de montagnes
telles des pierres dans un écrin,
ou encore encloses,
larges fleurs aux nervures de rues,
offertes à la mer.
Dans l'encoche des non-dits,
le poète cherche à rapprocher les bords,
à remailler les lignes.
Des insectes rongent les solives.
Sur le plancher, la sciure remplace la farine.
Rien n’est plus ce qui a été,
couleurs, odeurs, sons…
J’ai effacé mon enfance
Avant qu’elle ne m’oublie.
Un, deux, trois soleil !
Un vent passé sur des sommets enneigés
pénètre par le jour de souffrance
aux joints usés,
lumière froide.
Tant de signes sur les murs
que révèle une haute lumière,
écriture originelle,
à l’image des dessins
gravés par les premiers hommes
sur les parois de leurs cavernes.
Après la sieste, le dimanche,
on jouait à la pétanque près du puits,
entre le platane
et le hangar où le grand-père remisait jadis la batteuse.
Chaque jour me rapproche de toi.
Je te rejoins au carrefour de nos rides
et de notre pâleur.
J’accosterai un jour prochain à ton rivage.

