Laura TIRANDAZ

Artiste franco-iranienne, Laura Tirandaz écrit du théâtre et de la poésie.
Sa dernière pièce Feu la nuit, prix du festival Primeurs de Sarrebrück (2021), sera éditée aux éditions La rumeur libre en 2025.
Ses recueils de poésie, Sillons et Signer les souvenirs, ont paru aux éditions Æncrages & Co. En 2024, au sein de ces mêmes éditions, elle crée une nouvelle collection de poésie étrangère, intitulée Parallèles.
Elle a traduit, avec son père Ardeschir Tirandaz, deux recueils de la poète iranienne Forough Farrokhzâd, Une autre naissance, et Croyons à l'aube de la saison froide, pour les éditions Héros-Limite.
Réalisatrice radio, elle a également réalisé des créations sonores ou documentaires pour Arte Radio, la Radio Télévision Belge Francophone et France Culture.
Son dernier recueil J’étais dans la foule paraîtra en 2025 aux éditions Héros-Limite.
Son site : https://shabesiaa.blogspot.com/
Quelques minutes de lecture - mars 2025
Table ronde : La fabrique de la poésie
Avec les poétesses : Katia Bouchoueva, Alix Lerasle et Laura Tirandaz.
Modération : Françoise Lalot et Joël Bouvier (Auvergne Rhône-Alpes Livre et Lecture)
Quito
Le soleil tapait sur tout ce qui s’offrait
cireurs – vendeurs – fleurs coupées
Les marches de la cathédrale grouillaient
d’ailes et de miettes
Nous attendions l’heure de rentrer
d’enjamber le lendemain
Dans ses yeux derrière le bar
il y a la soumission des blés au vent
la discrétion des chapeaux à midi
Tout ça sans un sourire
Dans la descente
le chien blanc contre un mur blanc
L’homme s’arrête de taper le bois
suspend son marteau pour me regarder
Les voitures freinent et couinent
contre les fleurs jaunes
La rouille dégouline sur les portes claires
traçant les frontières d’un pays
Je ne sais pas la chanson
accrochée à la haute branche
que plie dangereusement le vent
la rengaine des dos noués vaincus
et tout ce sable qu’il nous faut transporter
Huit heures viennent s’éteindre dans l’eau du vase
La robe fripée des œillets blancs
vendus par des mains nocturnes
Des mains
qui portent un lendemain pâle à leurs bouches

