Stéphane Bataillon

Stéphane Bataillon, né en 1975, est poète et journaliste.
Ses recueils, Où nos ombres s’épousent (2010, rééd. 2016), Les Terres rares (2013) et Contre la nuit (2019) sont publiés aux Éditions Bruno Doucey, maison dont il est associé.
Il a fondé et dirige le mensuel numérique de poésie Gustave (www.gustavemagazine.com) et lance en 2022 Gustave Junior (www.gustavejunior.com), le premier journal gratuit de poésie pour enfants réalisé avec le Centre de créations pour l’enfance de Tinqueux.
Grand reporter et critique littéraire poésie à La Croix, il anime la rubrique “Un poème pour la route” dans son magazine hebdomadaire ainsi que la page mensuelle consacrée à la poésie dans le cahier livres & idées du quotidien.
Il est également membre du comité éditorial de la Revue des Livres pour enfants, édité par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF) et est adhérent à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse.
Son site, www.stephanebataillon.com, regroupe l’ensemble de ses travaux.
Retrouvez également Stéphane Bataillon sur Instagram : @stephane.bataillon
Lecture, mars 2025
L'association Chez mon libraire qui fête ses 10 ansregroupe quelques 200 librairies indépendantes en Auvergne-Rhône-Alpes, l'une d'elles est forcément près de chez vous !
J’ai l’idée d’un poème
qui changerait l’abord
du jour qui commence
Qui te ferait sentir
le rayon de lumière
frappant la feuille tombée
Qui te rappellerait
d’une suspension de l’air
la beauté qui se cache
Dans ce tumulte-là.
Je t’avais promis
une caresse chaque soir.
Désormais, ce sera un poème.
Nous imposons les mains
afin que la chaleur
parvienne jusqu’à toi
Déjà te prévenir
des tendresses fragiles.
Trouver sa place
retrouver le sens
devenir soi
une histoire de coordonnées
imprécises.
Je sais
tu aurais pu devenir
quelqu’un d’autre
mais lui, l’autre
c’est peut-être bien de toi
qu’il rêvait.
Certains matins
on n’y arrive plus
à être enthousiaste
sur les choses qu’on fait
un creux vibrant de vide
que rien ne peut remplir
résiste à l’impulsion
peut-être
qu’il faut attendre
cette étoffe nouvelle
promise par le tisserand.
Il existe des choses
à lire ou à entendre
à dire et à nommer
pour terrasser le vide
une voix d’enfant suffit
pour nous les convoquer
informant les nuages
cela s’appelle
le merveilleux …
Rester à niveau
à la bonne distance
ni enfoui
ni trop haut
entre racines
et ciel
ce qu’il faut de fragile
là
à l’air libre.
Tu espères l’aventure
ce petit quelque chose
qui pourrait t’arriver
et puis, à un moment
à force d’espérer
à force d’en rêver
tu t’y mets
à faire plein de choses
puis à faire quelques choses
et puis une seule chose
Marcher sur le chemin
détrempé par la pluie
se contenter
de l’odeur des sols
et des reflets du temps
d’un mouvement dans l’air
je trace des sillons
pour permettre aux étoiles
de respirer un peu.
Imiter le renard
blotti sous le grand pin
et entouré de neige
augmenter le signal
de sa propre chaleur
au plus présent du monde
et toi que j’aperçois
venant à ma rencontre.

