Jérémie Tholomé

Jérémie Tholomé est un poète de Charleroi. Animateur d’événements poétiques et d’ateliers d’écriture, « poète relieur » d’après Laurence Vielle, il réalise également un travail de mise en page et de suivi éditorial aux éditions maelstrÖm reEvolution.
En 2024 et 2025, il se consacre à l’adaptation scénique de son bookleg La Fabrique à cercueils en trio avec la violoncelliste Amandine Flandre et la danseuse Juliette Colmant et à l’écriture de son prochain livre Clark Nova à paraître en mai 2025.
Il affectionne les collaborations avec d’autres poètes – on a pu le voir en duo avec Katerina Apostolopoulou, Gioia Kayaga et Ada Mondès.
Son site internet : https://jeremietholome.com
Présentation LECTURE EN PARTAGE proposée par Arlette à consulter via ce lien.
Lecture, mars 2025
Paraît qu’on fait trop de bruit ? Paraît qu’on n’entend que nous ?
… C’est marrant.
On s’époumone et personne ne nous entend. Personne ne nous écoute.
C’est marrant. Dès gamin, on nous presse. On nous oppresse. On nous met dans des boîtes. Dès gamin, on nous trimballe.
…
On n’a pas demandé à naître, nous. Pas demandé à n’être que de la chair à canon, nous. De la chair à patron, nous. De la chair à plastique, nous.
Nous, on voulait le vert des plaines. L’azur des mers. Le blanc immaculé des sommets. Le vent qui chatouille les antennes. Le soleil qui chauffe le rocher qui chauffe les pattes qui chauffent les rêves.
Les crépuscules jalousent l’arrogance des soleils électriques / On raconte des histoires pour s’empêcher d’en écrire de nouvelles / En reprochant à nos ombres de nous abandonner dans le noir / Et l’oxygène s’achète en comprimés pelliculés
L’écureuil bleu souffre de la nostalgie des terres safranées / On n’oublie aisément que nous sommes tous l’étranger d’un autre / En montrant du doigt les domras aux cordes trop espacées / Et les poèmes meurent d’être dits près des sarcophages de béton
Les nouveau-nés reçoivent un prénom et un premier formulaire administratif / On disparait de la longueur d’un souvenir à chaque battement de paupière / En soufflant les bougies éteintes de l’anniversaire du dernier fou rire
Je suis tombé en amour pour toi quand nous sommes allés écouter le vent cette nuit-là.
Est-ce que me taire
et écrire mon pauvre poème
ça sauvera le monde ?
Aimer, c’est parfois ne rien dire du tout.

